Les français, leur apparence et leur poids

  Regardez-vous. Puis, regardez-vous avant. Ce changement témoigne du temps qui passe, de l'histoire que vous avez vécu. Et pourtant, le jugement porté sur l'évolution de votre corps est influencé par le reste du monde. La fatalité selon laquelle, l'histoire des sociétés et de leurs cultures modèlent les corps humains, démontrée par l'historien Georges Vigarello dans Histoire de la beauté (2004), confère à notre beauté un caractère éphémère et empreint de subjectivité.

L'évolution de la perception du corps

Chronologie:

  • En effet, durant la Renaissance pudique et morale, ainsi qu'au cours du siècle suivant, la beauté concernait seulement le haut du corps. Par la suite, la femme devient le « beau sexe », magnifiée par peintres et poètes, elle est synonyme de pureté, de divinité et de morale. La beauté, considérée alors comme essentiellement féminine, est faite pour servir l'homme.

 

 

  •   Au XVIIIe siècle, menée par un courant littéraire dont l'objectif était de développer l'esprit critique et l'autonomie des hommes par l'exercice de la raison, l'idée d'une beauté plus naturelle et proche de l' « être humain » tend à se substituer à celle de la chrétienté. Portée par une atmosphère sensible, qui valorise la grâce, les courbes, le mouvement et la volupté, la femme ainsi que la beauté deviennent l'apanage de la maternité.

 

 

  •  Un siècle plus tard, les préoccupations hygiénistes, ainsi que la valorisation progressive de la gymnastique, engendrent l'apparition de corps affermis. La beauté devient alors, l'équivalent et le symbole de la santé. Le XIXe siècle relie également la coquetterie avec l'apparition de produits de cosmétiques, comme le lait d'ânesse utilisé pour se purifier.

 

 

 

  • Le XXe siècle invente les vacances et avec elles tout un ensemble de nouveaux critères de beauté: bronzage, corps épilés et dictature de la minceur. En effet, le poids idéal d'une femme mesurant 1,68m est passé, selon les indicateurs de magasines de beauté, de 60kg en 1933 à 48kg en 2001.

 

 

 

  •  Enfin, l'époque contemporaine est marquée par l'engouement pour la palette de soins et les produits fournis par la société de consommation. De nos jours, l'idéal féminin reflète la femme active, indépendante, qui parvient à allier une carrière professionnelle avec une vie de famille.

 

 

« rien de plus culturel que la beauté physique » G.Vigarello

 

L'augmentation de l'obésité

 

Nous assistons de nos jours, parallèlement à l'essor de la consommation de masse, à une augmentation de l'obésité: en 1997, l'obésité concernait 8,2% de la population, tandis que 12,4% de la population adulte est obèse aujourd'hui. Et pour cause, dans le monde des pays développés, la tentation, animée par une multitude de produits alimentaires offerts par la grande distribution, est omniprésente. En effet, dans ce monde de sur-production, où le bien-être des actifs est secondaire et le temps monopolisé par l'employeur, les individus sont amenés à négliger le besoin primaire qu'est l'alimentation.

Carte : Prévalence de l'obésité par ZEAT

 

 

Lecture : en 1981, l’Île-de-France comptait moins de 5 % d’obèses.

Champ : individus de 18 à 65 ans, résidant en France métropolitaine.

Source : enquêtes Santé, Insee.

Cette enquête de Santé menée par l'Insee, nous renseigne sur la prévalence de l'obésité en 1981, 1992 et 2003. Nous pouvons ainsi observer qu'au cours de ces vingts deux années, celle-ci a augmenté de manière progressive sur l'ensemble du territoire: en 1981, l'île-de-France comptait moins de 5% d'obèses, en 2OO3 elle en compte moins de 7,5%. De plus, bien que l'enquête présente une augmentation du nombre de personnes obèses sur l'ensemble du pays, celle-ci met également en évidence des disparités géographiques: le Nord reste ainsi la région la plus touchée, avec en moyenne moins de 10% d'obèses.

 

 

 

 

 

 

A ces disparités liées à la situation géographique s'ajoutent celles entre les catégories socioprofessionnelles: en effet, on observe qu'entre les années 1981 et 2003  l'obésité a touché tous les milieux sociaux, même si de grandes différences persistent. Ainsi, le graphique illustre les écarts entre les agriculteurs, qui est la catégorie la plus touchée par cette maladie, et les cadres et professions intellectuelles supérieures, les moins touchées. Cet écart s'est accentué au cours des années 1990 comme le présente le graphique: la prévalence de l'obésité chez les agriculteurs a augmenté d'environ 7 points entre 1992 et 2003, tandis que celle des cadres n'a crû uniquement de 2 points. Cette hiérarchie reste similaire en 2003: il y a toujours moins d'obèses chez les cadres que chez les ouvriers ou encore les agriculteurs.

 

 

 

 

 

Le sentiment de beauté est donc en corrélation avec notre poids, avec notre corpulence. De nos jours, les habitants de l'hexagone s'efforcent de maintenir une silhouette mince dans le but de correspondre aux critères dictés par la société, qui a pour finalité le bien-être. Cependant, diverses études ont montré qu'un pourcentage conséquent de français grossissaient, jusqu'à l'obésité. Il est possible de nommer plusieurs causes à cette augmentation d'une maladie de plus en plus courante, telles la sur-production de notre système ou encore une mauvaise façon de s'alimenter qui s'est installée à la table (ou à l'absence de table) d'un nombre grandissant de ménages, et plus particulièrement chez les plus démunis.

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