Les industries pharmaceutiques et parapharmaceutiques

 

Les produits amincissants, « anti-cellulite », « ventre plat », « brûleur de graisses », « draineur » ou encore « modérateurs d'appétit », remplissent aujourd’hui les rayons minceur des pharmacies. Sur ce marché, on peut distinguer trois catégories : les cosmétiques minceur, les compléments alimentaires minceur et les « médicaments ».

 

 

 

 

 

Les « médicaments » minceur

 

Les industries pharmaceutiques s'efforcent depuis quelques années de développer des médicaments minceur délivrés ou non sur ordonnance, comme récemment pour le médicament Alli des laboratoires Glazosmithkline.

 

Dans le domaine pharmaceutique, on parle donc souvent de « médicaments pour maigrir », cela dit, il n’existe aucun « médicament » pour maigrir au sens littéral du terme. Ce sont pour la plupart des comprimés ou gélules qui agissent sur l’organisme sans guérir quoique ce soit, un peu comme dans la ligné des traitements anti-tabac. La plupart de ces produits sont créés pour tenter de soigner l’obésité, mais sont souvent utilisés par des personnes insouciantes qui désirent juste perdre quelques kilos superflus, c’est là le piège de ces produits puisqu’ils sont souvent dangereux pour la santé.

 

Les produits les plus utilisés et ayant le plus d’échos de « bon fonctionnement » sont les coupe -aim. Auparavant, il s’agissait de dérivés d'amphétamine qui constituaient la base des coupe-faim. Cela dit, ils ont eu énormément d’effets secondaires sur la population, des effets pourtant prévisibles mais jamais anticipés : accidents cardiovasculaires ou hypertension artérielle pulmonaire. La France a donc décidé d’en retirer la plupart du marché en 1999.

 

Désormais, les coupe faim utilisent des principes actifs provenant de différents végétaux, de la même manière qu’un complément alimentaire (cela dit, il n’est pas qualifié comme tel, car il contient tout de même des substances chimiques). Certains contiennent du konjac (une plante originaire d'Asie), dont les racines broyées sont utilisées comme épaississant dans les préparations culinaires. D'autres renferment du nopal, une sorte de cactus, du fucus, une algue brune, ou de la gomme de caroube. La gamme des coupe-faim est très vaste, mais leur fonctionnement repose sur un principe identique : des plantes qui ont la propriété d'absorber l'eau de façon massive. Une fois ingérées, elles vont former à l'intérieur de l'estomac une sorte de gel. L'estomac ainsi rempli, la sensation de satiété est atteinte plus rapidement. Prises peu de temps avant de manger, ces gélules permettent donc d'avaler                                             moins de calories.

 

 


Ces coupe-faim s'avèrent donc surtout efficaces pour les personnes en surpoids et pour celles qui mangent des quantités élevées à table. Quelques marques proposent également des compléments à prendre à la fin des repas. Cela dit, les coupe-faim ne peuvent représenter qu'une aide temporaire. En effet, utilisés à long terme, ces produits entraînent parfois des problèmes digestifs et un déséquilibre de l'alimentation, mais aussi l’irritabilité, l’insomnie, la diarrhée, l’accélération du rythme cardiaque ou la dépression, et dans certains cas, ils peuvent entraîner des accidents cardiovasculaires.

 

 

 

 

 

Viennent donc en seconde position les traitements contre l’obésité. Ces comprimés ou gélules sont à prendre sur une duré limitée et nécessitent un accompagnement médical. Malheureusement, la plupart de ces produits ne sont pas délivrés sous ordonnance, ce qui permet à des personnes inaptes à prendre ce genre de médicament d’en acheter, ceci afin de tenter de maigrir sans faire de régime draconien.

 

 

  • Pour exemple, en novembre 1985, l’Isoméride, produit du laboratoire Servier, a été mis sur le marché en France. Ce médicament, dont le produit actif était la dexfenfluramine, a connu rapidement un grand succès, non seulement chez les obèses, à qui ce médicament été au départ destiné, mais aussi chez de très nombreuses personnes voulant perdre quelques kilos superflus. Ce médicament, censé réduire la consommation des glucides et réguler le poids des personnes obèses, a été retiré de la vente en France le 15 Septembre 1997, après la découverte de complications (comme de l’'hypertension artérielle pulmonaire en 1995 et d'anomalies des valvules cardiaques en 1997) suite à la prise du médicament. C’est ainsi qu’on estime que 7 à 10 millions de français ont consommé de l'Isoméride entre 1985 et 1997. Malgré le retrait de la vente de ce coupe-faim, cette affaire est toujours d’actualité puisqu’un arrêt de la Cour d’Appel de Versailles, datant du 20 janvier 2011, a condamné le Laboratoire Servier à verser 145 500 € à la famille d’une victime décédée suite à la prise d’Isoméride.

 

 

 

 

 

  • Cette affaire n’était pourtant qu’un début, puisque ce même laboratoire a mis sur le marché en 1976 le Mediator. Médicament destiné aux personnes diabétiques en surpoids, il a également servi aux personnes voulant juste perdre un peu de poids. l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé a révélé que ce médicament aurait fait 500 morts en un peu plus de trente ans, d'après une estimation de la Caisse nationale d'Assurance Maladie, suite aux complications cardio-vasculaire qu’entraîne la prise du médicament. C’est donc à la suite de ce scandale qu’en novembre 2009, après de nombreuses plaintes dues au lien établi entre la prise du comprimé et les maladies cardiaques, que le Mediator s’est vu suspendre son autorisation de mise sur le marché. Il est cependant aujourd’hui toujours au centre de l’actualité, les procès contre le médicament ne cessant d’affluer.

 

 


  • Pourtant, ces deux affaires ne semblent pas effrayer les laboratoires concurrents puisque depuis le 6 mai 2009, le médicament Alli est commercialisé en France. Il est indiqué dans la prise en charge du surpoids chez l’adulte, en association à un régime. Alli n'est pas un réel nouveau médicament, mais une version à demie dose de Xenical (orlistat) délivré sur ordonnance. Il agit dans l'intestin en éliminant environ un quart des graisses ingérées et sa prise doit s'accompagner d'un régime réduit en calories et pauvre en graisses, et d'exercice physique pour aider à perdre du poids. Il peut être délivré sans ordonnance en pharmacie, comme pour l’Isoméride et le Mediator auparavant. Cependant, dans le respect de l’autorisation de mise sur le marché, il est normalement délivré sans ordonnance avec une fiche d’aide à la dispensation, rappelant les questions essentielles à poser au patient au moment de la délivrance, ainsi que les principales précautions d’emploi et conseils associés. l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé a cependant établi de nombreuses mises en garde concernant la prise de ce médicament, et conseille à ceux qui souhaitent commencer un traitement de consulter un médecin pour obtenir un bilan de santé général. Fabienne Bartoli, adjointe au directeur général de l'Afssaps déclare que « la décision européenne pour sa mise en vente libre ne correspond pas aux recommandations des autorités sanitaires françaises d'une prise en charge médicale globale de l'obésité, le pharmacien devra vérifier les restrictions d'utilisation ». L’industrie pharmaceutique peut s’estimer heureuse puisqu’ Alli a déjà généré 230 millions de dollars de chiffre d'affaires annuel pour Glazosmithkline, laboratoire à l’origine du médicament.

 

 

  • Comme dernier exemple de médicament, nous pouvons citer le Xenical (Orlisat). Alli et Xenical son donc similaires : ils contiennent les mêmes ingrédients et agissent de la même façon en bloquant l’absorption de la graisse, mais à des concentrations différentes. Xenical est en fait une version plus puissante d’Alli, mais il n’est disponible que sur prescription en France, au Canada, en Australie et aux États-Unis. Il est donc prescrit uniquement aux personnes obèses et ne peut être délivré à n’importe qui, ce qui permet la vente régulée du produit sans impliquer de complications dû à des contre-indications non prises en compte.

 

 

Le problème auquel se sont heurtés l’Isoméride et le Mediator est donc commun aux autres médicaments de cette nature. Il paraît indispensable que tous les médicaments de ce type délivrés ou non sur ordonnance impliquent un examen rigoureux du patient, pour s'assurer qu'il n'existe pas d'antécédents de problèmes cardiaques que pourrait aggraver ou encore déclancher la prise du ou des comprimés. Malheureusement, beaucoup de personnes l’ignorent et utilisent donc ces médicaments à leurs risques et périls.

 

 

 

 Les compléments alimentaires


Les compléments alimentaires ne sont en aucun cas des médicaments, contrairement à ce que la plupart de la population pense. En effet, c’est à cause de sa distribution en pharmacie et en parapharmacie que se sont instaurés ces préjugés auprès de la population. Un complément alimentaire est une gélule composée de nutriments (minéraux et vitamines) dont l’objectif est, comme son nom l’indique, de compléter l’apport en nutriments spécifiques. Parmi toute une gamme de compléments alimentaires tels que ceux qui procurent des apports en vitamines ou ceux qui aident à trouver le sommeil, les compléments alimentaires spécialisés dans la minceur sont ceux qui ont le plus de succès, et donc le meilleur rendement. En effet, toutes les ventes de compléments alimentaires minceur sont même en hausse, soit +20% en 2009, mais seulement 15% des acheteurs suivent un régime alimentaire, contrairement aux indications des compléments alimentaires censés aider à maigrir. Les ventes de compléments alimentaires en pharmacie dépassent même trois à quatre fois celles des grandes surfaces, et celles-ci captent près de 60% du marché des compléments alimentaires, selon une étude sur les aliments santé menée par Precepta , ceci grâce à leur caution médicale et au conseil du pharmacien. Avec 28,5% du marché global des compléments alimentaires en pharmacie et parapharmacie, la minceur conserve sa position en 2009, où elle totalisa à la fin de cette année 106 millions d’euros de chiffre d’affaire, et de 14,4 millions d’unités vendues.

 

 

 

 

Les compléments alimentaires destinés à la minceur se prennent donc en complément d’un régime, utilisés seuls, ils ne peuvent en aucun cas aider à perdre du poids. En effet, les compléments alimentaires ne peuvent pas faire maigrir : ils ne font qu’aider l’organisme à emprunter une voie plus favorable pour le bon fonctionnement d’un régime. Leur atout est qu’ils promettent un résultat rapide et sans effort. Les objectifs principaux des compléments alimentaires minceur sont donc d’améliorer le drainage, d’accompagner la perte de poids ou de contrôler l'appétit. Pour améliorer le drainage, le complément a pour fonction d'éliminer les déchets et les toxines pour lutter contre la rétention d'eau. Pour cela, il se sert d’actifs drainants, souvent contenus dans les plantes. Par exemple, la reine des prés est utilisée dans ces compléments alimentaires pour ses vertus diurétiques, qui ont pour fonction d’atténuer la rétention d'eau. Il existe aussi des compléments alimentaires ayant la fonction de « capteurs de graisse » ou encore « effet ventre plat », c’est donc une gamme très large qui s’est installée au fil du temps.

 

 

 

 

Les compléments alimentaires les plus utilisés sont les « brûle-graisse ». Ceux-ci visent à accélérer le métabolisme énergétique et à faciliter la mobilisation des graisses, à réguler la glycémie (qui est l’apport en sucre), ou encore qui permettent une diminution de l'absorption intestinale des graisses alimentaires. Aux diverses compositions, leur efficacité reste à discuter, mais ils peuvent néanmoins constituer un petit plus lors d'un véritable régime.

 

 

 

Effectivement, aujourd’hui, aucun de ces produits n'a prouvé scientifiquement et de manière indéniable son efficacité. La plupart de ces composants ont bien un rôle sur le métabolisme mais à des doses très élevées, qui d'ailleurs entraîneraient des problèmes de santé. Une diététicienne, Claire Marino, affirme d’ailleurs que « s'ils ont un petit effet, c'est parce que les femmes qui les prennent font attention à leur alimentation et pratiquent une activité physique ». Cette condition est bien sûre mise en évidence sur les produits : « Ce complément pratique et efficace vous permet d'optimiser la perte de poids dans le cadre d'une alimentation à visée amincissante » ou bien « Pour une efficacité optimale, à utiliser durant un régime ». Il ne faut cependant pas négliger le fait que certains principes actifs de ces compléments alimentaires peuvent entraîner des interactions avec des médicaments.

 

Cela dit, rien n’empêche les acheteurs de consommer ces produits à promesse, puisque dans toutes les gammes de compléments alimentaires, le marché se chiffre à 106 millions d’euros en 2009 et fait une place plus large à Gayelord Hauser et à Gerlinéa, les deux grands producteurs de compléments alimentaires minceur, avec 14 % de parts de marché pour chacun des deux groupes. Les « brûles graisse » ont totalisé 32% de part de marché sur la totalité des compléments alimentaires, les » draineurs » 30%, les « ventre plat » 25% et les « modérateur d'appétit » 3%.

 

Deux exemples de compléments alimentaires :

 

 

 

 

 

 

Les cosmétiques

 

En accompagnement d’un régime ou d’une alimentation saine, les cosmétiques minceur ont pour but d’aider à « raffermir », « lisser la peau » ou encore « atténuer la cellulite ». Tout comme les compléments alimentaires, les cosmétiques minceur ont tout d’abord trouvé leur place en pharmacie et parapharmacie, pour ensuite s’installer petit à petit dans les GMS. C’est donc au rayon minceur que l’on trouve ces produits, aux côtés des compléments alimentaires minceur. Le marché des cosmétiques a terminé l’année 2009 sur une progression de 3%.

 

Pascale Bocher, chef de groupe international chez Elancyl, marque pionnière de la minceur et du corps, souligne : « Le premier critère d’achat des produits de cosmétique minceur est l'efficacité, décuplée par le rituel plaisir du massage. Elancyl a créé la première méthode de massage minceur dès 1971, et continue aujourd’hui d’innover dans ce secteur. Bien que plus petit en volume que celui des compléments alimentaires, le marché des topiques reste dynamique par les innovations et les performances produits. »

 

Gel-crème Offensive Cellulite 14 jours de Elancyl©

 

 

 

 

Ces cosmétiques minceur se trouvent sous différentes formes : crèmes, spray, sticks ou roll-on. Constitués d'actifs visant principalement à raffermir la peau, les soins amincissants sont destinés à combattre le « relâchement cutané » dû à une grossesse ou aux régimes excessifs. S'ils ne peuvent faire des miracles ils peuvent néamoins raffermir et tonifier la peau. Ces produits sont donc une aide d'appoint pour éliminer la graisse ou la cellulite qui résistent aux régimes. Les principes actifs sont de plus en plus performants et recouvrent trois objectifs principaux : amincir, améliorer la circulation sanguine et raffermir.

On peur citer comme principes actifs les liporéducteurs, qui stimulent la perte des graisses. La caféine permet le fractionnement des triglycérides, en acides gras qui seront éliminés dans la circulation. Il y a également les principes actifs qui relancent le système veineux : l'extrait de lierre est un tonique veineux aux propriétés décongestionnantes et désinfiltrantes, l’extrait de bouleau est astringent et combat la distension de la peau, et l'extrait de gingko biloba agit activement sur la micro-circulation. Enfin, il y a les principes actifs raffermissants qui tonifient l'épiderme : l'élastine et la vitamine E aident la peau à retrouver son « tonus ».

 

 

  1. Lipometric de Vichy©
  2. Retinol Anti-cellulite de Roc©
  3. Soins Corps Raffermissant de Louis Widmer©

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site